Mercredi 18 février 2009
3
18
/02
/Fév
/2009
16:53
Samedi 29 novembre 2008
6
29
/11
/Nov
/2008
10:16
Mes chers amis !
Je puis à nouveau trouver le temps de laisser quelques impressions : miracle
des câbles !
Mon installation sur Saint-Laurent fera l'objet bientôt d'une narration qui
fera pâlir les sépulcres d'Homère, Pindare et Virgile : Aeneas et Odysseus peuvent aller se draper la chlamyde et se brosser le pétase, mon aventure dépasse leurs amusettes au pays des cyclopes
!
Sachez que je m'épanouis dans mes nouvelles fonctions comme un lys virginal
au pur soleil de mai... Et que même si, entre travail fonctionnel, stages, réglages et apprentissages divers, et autres activités de représentation, ma semaine descend rarement en dessous de 60
heures, je trouve encore le temps de découvrir ma nouvelle Ithaque.
Dès que les travaux d'Héraklès auront été achevé dans mon nouveau home - plus
l'antre de l'Hydre ces jours-ci ! - je vous montrerai le palais où je loge... Et où vous êtes toujours attendus si vous croisez autour de Lyon...
Mercredi 6 août 2008
3
06
/08
/Août
/2008
18:11
Début de la phase déménagement !
Les devis ont été reçus hier et je suis toujours étonné par la qualité – très
basse – des services proposés par les sociétés françaises en la matière… Alors que dans nombre de pays, déménager un particulier est un acte commercial intégral et très bien mis en œuvre, en
France, comme pour une location d’appartement, le client doit en faire le maximum lui-même et se battre pour avoir des réponses claires à ses questions… Ou tout simplement voir le minimum de ses
besoins satisfaits…
M’enfin !
L’occasion de faire un grand tri dans les papiers, les bouquins, les
choses…
Une seule certitude : je quitte Cannes et mon appartement sans
regret ! Mais je m’éloigne avec une profonde tristesse de belles personnes, que j’aime et dont je sais déjà qu’elles vont me manquer… Douloureusement.
Vivement les prochaines vacances !
Lundi 4 août 2008
1
04
/08
/Août
/2008
10:57
La nouvelle est tombée cette nuit : Alexandr Isaievich Solzhenitsyn est mort.
A-t-on entendu le fracas d'un grand chêne s'effondrant dans les solitudes glacées de Sibérie ? A peine ! Ce fut plutôt le bruit feutré d'une plume tombant sur un maroquin.
Beaucoup connaissent son nom, mais peu en vérité ont lu son oeuvre... Et encore moins l'ont comprise !
Dire qu'Alexandr Isaievich est un "homme complexe" est un truisme d'une nullité absolue. Et la presse ne s'en prive pas, si j'en crois les papiers que je viens de lire, d'un bord à l'autre de la
critique politico-littéraire. Je ne me priverai donc pas de ne pas en parler, du moins sous ces termes de convenance.
Ce que je veux retenir de Solzhenitsyn, c'est ce que Nietzsche aurait appelé son "inactualité" : non pas celle d'un "résistant" ni celle d'un "dissident" très officiel - un statut que lui-même
avait parfaitement endossé - , mais celle d'un homme toujours tragique et lucide sur le monde. Fût-ce au prix d'une radicale mauvaise foi et d'un pessimisme sévère.
Le Goulag ou le pavillon des cancéreux ne sont que des métaphores de lieux et de temps où des prisonniers volontaires survivent, jour après jour, à l'image d'Ivan Denisovich, à leur propre
turpitude et à leur propre lâcheté. Ils ne sont plus tant des victimes que des collabos de leur propre déréliction, délibérément acceptée comme position existentielle produisant un certain
confort : celui de savoir où est sa place sur un échiquier souvent grossier, parfois subtil, de (micro-) pouvoirs qui se superposent en autant de strates d'abrutissement - au sens propre du
terme.
Ce que recèle la pensée de Solzhenitsyn est de ce point de vue d'une autre facture que ce qu'un Occident trop heureux de tenir un "grand dissident" avait cru comprendre. La transposition du
Goulag en société de consommation se fait en un tournemain. Il suffit de modifier les termes et la magie opère : l'Est devient l'Ouest, le carcan soviétique devient la prison capitaliste... Et
les mafias de tous bords ne perdent rien de leur nocivité, qu'elles soient "simplement" criminelles, mais aussi politiques, idéologiques, syndicales... Le cancer qu'elles représentent est devenu
un mal avec lequel l'individu vit, collabore même, sans même imaginer qu'une autre dimension du monde est possible.
On a beaucoup glosé - et on continuera - sur la critique récurrente du misérabilisme fataliste de "l'âme russe" qu'Alexandr Isaievich est censé avoir mise en oeuvre. Mais s'est-on rendu
compte que cette fameuse "russité" n'était qu'un masque - certes le mieux connu car le plus proche de l'auteur - pour décrire la condition humaine dans son entièreté ?
Fataliste, rongé par le remord facile de ne pas "avoir su lutter", mais d'avoir au contraire toujours composé avec les événements, fût-ce au prix d'une vraie bonne mauvaise conscience - ou d'une
vraie mauvaise bonne conscience, comme on voudra - le héros solzhenitsyen est universel. Un épitomé de la la faiblesse érigée en règle de vie ; de la faiblesse qui peut tout expliquer et
pardonner chacun, le bourreau comme la victime.
Le jour où on lira Solzhenitsyn comme on doit lire Nietzsche, alors le véritable caractère de son oeuvre surgira : féroce et barbare, mais aussi vivifiant, comme peut l'être un grand
incendie...
Vendredi 1 août 2008
5
01
/08
/Août
/2008
12:24
Vous avez dit ?