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Jeudi 26 juin 2008

Lu cette nuit, ce poème de Hölderlin que j'avais presque oublié...



Der Abschied

Trennen wollten wir uns ? wähnten es gut und klug ?
Da wir’s taten, warum schröckte, wie Mord, die Tat ?
Ach ! wir kennen uns wenig,
Denn es waltet ein Gott in uns.

  

Den verraten ? ach ihn, welcher uns alles erst,
Sinn und Leben erschuf, ihn, den beseelenden
Schutzgott unserer Liebe,
Dies, dies eine vermag ich nicht.

 

Aber anderen Fehl denket der Menschen Sinn,
Andern ehernen Dienst übt er und anders Recht
Und es fodert die Seele
Tag für Tag der Gebrauch uns ab.

 

Wohl ! ich wußt es zuvor. Seit der gewurzelte
Allentzweiende Haß Götter und Menschen trennt,
Muß, mit Blut sie zu sühnen,
Muß der Liebenden Herz vergehn.

 

Laß mich schweigen ! o laß nimmer von nun an mich
Dieses Tödliche sehn, daß ich im Frieden doch
Hin ins Einsame ziehe,
Und noch unser der Abschied sei !

 

Reich die Schale mir selbst, daß ich des rettenden
Heil’gen Giftes genug, daß ich des Lethetranks
Mit dir trinke, daß alles,
Haß und Liebe, vergessen sei !

 

Hingehn will ich. Vielleicht seh ich in langer Zeit
Diotima ! dich hier. Aber verblutet ist
Dann das Wünschen und friedlich
Gleich den Seligen, fremd sind wir,

 

Und ein ruhig Gespräch führet uns auf und ab,
Sinnend, zögernd, doch itzt faßt die Vergessenen
Hier die Stelle des Abschieds,
Es erwarmet ein Herz in uns,

 

Staunend seh ich dich an, Stimmen und süßen Sang,
Wie aus voriger Zeit, hör ich und Saitenspiel,
Und befreiet, in Lüfte
Fliegt in Flammen der Geist uns auf.

 


 

L’adieu

 (Trad. Clément Layet)

Voulions-nous la rupture ? Etait-ce bon et sage ?
Quand nous le fîmes, pourquoi le fait fut-il un meurtre ?
Hélas ! Nous nous connaissons peu,
Car le règne en nous est d’un dieu.

 

Le trahir ? Hélas, lui, le seul qui pour nous tout
Créa, le sens, la vie, lui qui tout anime,
Dieu qui protège notre amour,
Non, non, cela, je ne le puis.

 

Mais à d’autres besoins pense l’esprit des hommes,
À d’autres lois se plie, d’autres charges d’airain,
Qui exigent que notre âme
Quotidiennement s’y emploie.

 

Eh bien ! Je le savais. Depuis que radicale,
Brisant toute unité, la haine rompt dieux et hommes,
Il faut, dans le sang qui expie,
Que se meure le cœur qui aime.

 

Puissé-je me taire ! Puissé-je dès lors ne plus jamais
Retrouver ce mortel, être au loin dans la paix,
La solitude, attiré,
Pour qu’à nouveau l’adieu soit nôtre !

 

Toi, tends-moi donc la coupe, et que du salutaire
Et saint poison je boive assez, ou qu’au Lêthê
Notre soif enfin s’étanche,
Qu’amour et haine soient oubliés.

 

Je veux partir. Peut-être vois-je loin dans le temps
Toi, Diotima ! Là-bas. Mais alors, l’espérance
Ensanglantée, bienheureux,
Nous sommes en paix, deux étrangers.

 

Un dialogue apaisé nous fait voir hauts et bas,
Pensif, hésitant, nous tirant de l’oubli
Au lieu même de l’adieu,
Notre cœur enfin se réchauffe,

 

Etonné je te vois, de beaux chants, de belles voix,
Ainsi qu’au temps jadis, s’élèvent avec le luth,
Et libéré, dans les airs,
L’esprit monte à travers les flammes.
- Publié dans : hospodar
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